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Ndiaffat

6 Mars 2010, 00:06am

Publié par Milon

Internet ici c’est comme le Bon Dieu, tout le monde en parle mais pour rentrer concrètement en contact c’est plus compliqué. Il va être difficile d’être régulier pour donner des nouvelles. Aujourd’hui j’ai eu une illumination, j’en profite !

Dès mon arrivée à Ndiaffat, les premiers jours ont été consacrés à la visite de courtoisie auprès des chefs des villages locaux et du marabout de Kado, autorité religieuse locale influente. De ces deux journées de visites, trois choses me restent en mémoire. La première, c’est que je suis réellement au fin fond de la brousse. Les villages sont constitués en bonne partie de cases et sont perdus au bout de kilomètres de pistes sableuses.

 

 village


La deuxième chose retenue est que la plupart des chefs de village ont une très belle vision de la Nature. Leurs explications sont venues suite à l’évocation de la présence des hyènes sur l’île et aux alentours. La Nature donne de bonnes et de mauvaises choses, elles sont en équilibre. Il faut savoir les accepter et ne pas chercher à faire pencher la balance dans le sens qui nous arrange, auquel cas retour de bâton il y a.
Le dernier souvenir marquant, tout athée que je sois, est une phrase du chef de “Keur Mamadou Ayssata” : « Puisse Dieu faire que tu aies de très bonnes surprises ».

En arrivant à Dakar je me suis acheté un magnifique vélo d’un bleu pétant pour pouvoir faire le trajet entre mon domicile et l’île. Je l’ai baptisé F’bibi (F***ing Blue Bicycle). Par cette occasion j’ai fait deux heureux, le vendeur qui s’est fait plaisir sur le prix et le gars qui m’accompagnait, à qui j’ai promis de lui revendre moitié prix. Mais problème, je ne m’étais pas rendu compte qu’il avait été fabriqué par les chinois et que son état était intermédiaire entre kit et monté. En deux semaines j’ai fait 3 km dessus et le double en le poussant. Ce n’était pas viable. Après de longs moments perdus en réparations et jurons racistes j’ai donc réalisé le rêve de tout adolescent prépubère en acquérant une magnifique mobylette d’occasion, avec laquelle j’arpente fièrement la brousse.

 

brele


Du point de vue naturaliste l’île promet de bons moments. Déjà, le dortoir de rapaces est dément. Tous les soirs j’assiste à un spectacle absolument extraordinaire. Pendant trois quarts d’heure, avant le coucher du soleil, 25.000 faucons crécerellettes arrivent en un flot continu vers le dortoir où ils rejoignent autant d’élanions nauclers, déjà arrivés. Le flux se fait sur plusieurs étages et est assez lâche, puis par endroits les faucons se regroupent en d’immenses pompes en altitude où les oiseaux tourbillonnent à grande vitesse. Chaque soir, immanquablement, un busard passe au-dessus du dortoir et provoque l’envol général. Une colonne d’oiseaux d’un diamètre de 500 mètres s’élève alors jusqu’à une altitude de 600 ou 700 mètres, effet visuel garanti.

Première des stars de l'île, l'élanion naucler, rapace à l'élégance rare.

naucler1

naucler-vol.jpg


Le faucon crécerellette, bien moins facile à photographier. 

faucon1


L'arrivée au dortoir dans l'ordre : groupe d'élanions naucler en fin d'après-midi

nauclers


puis pompe de faucons crécerellettes

colonne 


La plupart du temps une partie des faucons se pose en prédortoir sur les tannes. Ca concerne 2-3000 oiseaux.
 

crecerellettes


petite partie de l'envol général au-dessus du dortoir

dortoir


Quand la nuit tombe les derniers faucons tombent encore du ciel quand les hyènes prennent possession de la nuit. Leurs cris rauques et puissants résonnent et sonnent le départ vers la pirogue où m’attend le piroguier absolument pas confiant.

Tout le monde m’a rassuré par rapport aux hyènes. Il n’y a jamais eu d’incident avec un humain dans la région. De plus elles ne sortent que la nuit pour chasser et passent la journée à dormir dans leur tanière. Pourtant, moins d’une semaine après mon débarquement sur l’île, j’ai accompagné une équipe scientifique de Chizé sur le dortoir, et surprise à 16H00, une hyène ! Elle supportait aussi mal que nous le fait que le thermomètre dépasse les 40° et allait prendre tranquillement un bain. C’était apparemment un mâle vu sa taille et sa corpulence. Rien de rassurant au final, mais il valait mieux la croiser ici qu’au milieu des buissons épineux.

empreintes de hyène

traces-bouki 

 

Pour finir quelques images des résidents de l’île que je découvre petit à petit : le petit-duc à face blanche, l’engoulevent à longue queue et le vanneau éperonné.

petit-duc

engoulevent-a-longue-queue

vanneau-eperonne 

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vaness 11/03/2010 16:57


Toujours contente de voir tes photos et ces histoires (qui ressemble à celles que Nico a pu me raconter). Je n'y ai jamais mis les pieds mais j'ai l'impression de connaitre ces paysages (pour les
piafs c'est autre chose..). Le meilleur protocole à avoir pour l'étranger c'est de ne pas en avoir! Eclate toi bien (enfin sauf avec le lutteur!)


nico 07/03/2010 21:01


Tes photos font toujours autant rêver...
L'histoire du vélo puis de la mob, j'ai vécu quasi le même contexte en stage en Mauritanie (vélo chinois avec lesquels tu fais à peine 3km, énorme!
Allez profite dur!


LEDUNOIS Romain 06/03/2010 11:35


Salut Simon, Je vois que tout se passe bien en Afrique! Aussi juste pour te dire que tes photos sont magnifiques, alors continue!